Déplacement de M. Laurent Fabius, Ministre des Affaires etrangères au Burkina Faso (27 juillet 2012)

Conférence de presse du ministre des Affaires étrangères, M. Laurent Fabius, à l’issue de son entretien avec le président du Burkina Faso, M. Blaise Compaoré (27 juillet 2012)

Mesdames, Messieurs,
Je viens de voir le président Compaoré qui m’a très aimablement reçu avec M. Canfin, ministre délégué chargé du Développement et M. Loncle, député et président du Groupe d’amitié France/Burkina Faso.
Je ne veux pas me répéter. Je ne fais que confirmer ce que j’ai dit précédemment sur les relations du Burkina Faso et de la France, qui sont excellentes. Nous avons des relations de coopération et nous avons discuté de la situation régionale, notamment la situation au Mali puisque la CEDEAO a confié la mission de médiation au président Compaoré et qu’il est utile d’avoir l’analyse précise de la situation de la part de ceux qui sont experts, surtout à un moment où le président du Mali revient aujourd’hui même à Bamako.

Sur les éléments fondamentaux de solutions, je pense que nous sommes d’accord : il faut le rétablissement d’un gouvernement libre, d’une large union démocratique dans l’idée du développement économique et puis, par rapport à l’esprit de la sécurité, la sécurité du Sud et puis la sécurité du Nord, dans le cadre du respect de l’intégrité du territoire malien. Nous avons parlé de cela et j’apprécie la clarté de nos amis burkinabé.

Je vais donc repartir dans quelques instants pour le Sénégal, mais avec la certitude que l’amitié entre la France et le Burkina est entre de bonnes mains.

Q - La France se dit-elle prête à intervenir militairement au Mali à la demande des pays africains ? Comment pourrait se faire cette intervention ?

R - La France n’est pas dans cette perspective. C’est d’abord aux Maliens qu’il revient, en premier lieu, de proposer des solutions et, bien sûr, aux Africains, puisque c’est dans ce cadre qu’a été demandée par la CEDEAO une médiation du président du Burkina Faso. Je le disais à l’instant, nous avons une analyse qui paraît largement commune, selon laquelle il faut à la fois un gouvernement de large union, prendre le chemin du développement, assurer la sécurité au sud du Pays et au Nord Mali et l’intégrité du territoire. Mais c’est d’abord aux Maliens de le faire. Si nous pouvons donner des facilités en temps que membre permanent du Conseil de sécurité, en temps qu’ami, nous pourrons être des facilitateurs, mais nous n’avons aucune prétention, d’aucune sorte, à nous substituer à personne à la sortie de crise.

Q - Monsieur le Ministre, on a entendu également que la médiation prenait un peu de temps et qu’il fallait intervenir maintenant. Quel est votre avis là-dessus ? Vous allez rencontrer le médiateur ; est-ce que la médiation a, pour lui, de fortes chances de succès ?

R - Le président Traoré le disait aujourd’hui, une date a été donnée, le 31 juillet, pour la mise en place du gouvernement. J’imagine que cela ne doit pas être à un ou deux jours près, ce qui importe, c’est que le mouvement soit lancé. Je crois que le vœu du médiateur - et pas seulement son vœu mais son action également - est de permettre que ce gouvernement de large union soit mis en place. En tout cas, nous suivrons cela avec intérêt, avec amitié, mais, je le répète, nous sommes des facilitateurs, rien de plus./.

Dernière modification : 16/11/2012

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