Discours de Monsieur l’Ambassadeur à l’occasion de l’inauguration du Centre de Développement Chorégraphique (CDC) (le 16 décembre 2006)

Madame la Ministre,

Monsieur le Président du Centre de Développement Chorégraphique

Monsieur le premier adjoint au Maire de Ougadougou,

Mesdames et messieurs,

Vous me voyez aujourd’hui très honoré, en ce début de mission au Burkina Faso, d’inaugurer ce Centre de Développement Chorégraphique (CDC). Ce lieu unique en Afrique, est né de la conjonction volontariste de nombreux acteurs du monde artistique et du développement.

· D’abord deux hommes : Salia SANOU et Seydou BORO, qui ont déjà laissé leur empreinte dans le monde de la création chorégraphique internationale, et qui, en tant que Burkinabé, ont décidé de s’investir dans le développement d’une expression chorégraphique contemporaine en Afrique.

· Ensuite une femme, Mme Aline KOALA, Ministre de la culture, des arts et du Tourisme, qui a soutenu ce projet, et a su remotiver l’ensemble du Ministère autour de ce concept original. C’est elle qui a accepté de réorienter le Projet français d’Appui au Développement de la Culture, pour doter ce bâtiment d’un équipement complet, et en faire une des plus belles salles de spectacle d’Afrique de l’Ouest.

Enfin, l’ensemble des acteurs au développement qui travaillent dans la sphère du Ministère français des Affaires Etrangères, en premier lieu les différents directeurs de Centres Culturels français qui se sont succédé au Burkina Faso depuis dix ans, et qui ont travaillé à l’émergence d’une véritable école de la chorégraphie africaine à Ouagadougou. Le ministère des Affaires Etrangères qui, par son réseau de centres culturels français, avec l’appui de sa nouvelle structure qu’est CulturesFrance, est en passe de devenir l’un des protagonistes importants de la vie et de l’économie culturelle en Afrique.

C’est dans le cadre du Projet d’Appui au Développement de la Culture, mis en œuvre par le Ministère de la Culture des arts et du Tourisme, et financé par l’Ambassade de France, que le CDC a vu le jour. Au sein de ce projet de plus d’un milliard de Francs cfa, c’est 400 millions de Francs cfa qui ont permis de voir l’émergence de ce Centre.

C’est la conjugaison de l’ensemble de ces facteurs qui a fait de ce lieu un établissement original. Mais son originalité réside également dans son mode de gestion. En effet, le CDC ne sera pas géré comme une salle de spectacle ordinaire. La gestion de ce centre a été cédée au monde associatif et artistique burkinabé, dans la cadre d’un accord entre la municipalité, le Ministère de la Culture des arts et du tourisme, le Ministère des Finances et du Budget, et une compagnie burkinabé, pour un mandat de gestion de 3 ans renouvelable.

Que sommes-nous en droit d’attendre de cet établissement et de l’effort financier consenti, de cette gestion sous tutelles croisées, de cette confiance placée dans ces artistes professionnels ?

C’est un véritable défi que nous avons lancé aux professionnels de ce pays. L’Ambassade de France, le Ministère de la Culture des arts et du tourisme, et la municipalité, remettent entre les mains des artistes de ce pays leur propre destin et leur devenir. Ils offrent à ces derniers un complexe de développement de leur art sans pareil au Burkina Faso, et ils leur donnent également l’opportunité de montrer que l’art peut vivre par lui-même, et que les créateurs sont également capables de gérer et de se développer. Si le résultat est positif, cela permettra de structurer le développement d’une véritable économie de la culture, dans ce pays qui possède en la matière un réel potentiel. Enfin, ce concept permettra d’agir sur l’environnement de l’artiste, plutôt que d’intervenir spécifiquement sur la création.

Les parrains du CDC (Ministères, Commune, Ambassade) ont décidé d’agir sur cet environnement en mettant cet équipement culturel à la disposition des artistes chorégraphes, et en confiant au Centre de Développement Chorégraphique le soin de renforcer les formations professionnelles, de faire circuler les oeuvres et les artistes, de mettre en réseau les opérateurs de ce secteur, et de renforcer leur public local en faisant l’éducation artistique du plus grand nombre.

C’est grâce à vous tous, mesdames et messieurs les chorégraphes, les programmateurs, venus de tous les horizons, Messieurs SANOU et BORO, que pourra vivre et resplendir ce lieu. Pour qu’à l’instar d’autres grands évènements burkinabé, tels que le SIAO ou le FESPACO pour l’artisanat ou le cinéma, Ouagadougou devienne le haut lieu de la création chorégraphique africaine.

Dernière modification : 22/01/2007

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