Discours de l’Ambassadeur à l’occasion de la signature de deux conventions de financement concernant la reconstruction du marché central Rood Woko (le 26 janvier 2007)

Messieurs les Représentants des Ministres, Monsieur le Député, Monsieur le Haut-Commissaire de la Province de Kadiogo, Monsieur le Maire de la commune de Ouagadougou, messieurs les maires d’arrondissement, mesdames et messieurs,

En mai 2003, un terrible incendie a ravagé le Marché central de Rood Woko, entraînant sa fermeture, et une réinstallation de la majeure partie des commerçants sur les marchés secondaires de la ville.

Il aura fallu plus de trois ans d’efforts et de collaboration entre la Mairie, ses différents services, et l’Agence française de Développement, pour préparer ce projet et le formaliser à travers ces conventions. Projet à la fois de reconstruction/réhabilitation du marché central Rood Woko, en vue de permettre la réinstallation de plus de 2 900 marchands, mais aussi d’accompagnement de six marchés secondaires, dans l’objectif de renforcer leurs capacités commerciales et d’achalandise.

Le projet qui nous réunit aujourd’hui est remarquable à plus d’un titre :

- Remarquable sur le fond tout d’abord, puisqu’il a pour objectif, à la fois de favoriser une croissance économique endogène, par le développement d’infrastructures abritant des activités marchandes, de rééquilibrer l’armature commerciale de la ville de Ouagadougou, mais aussi d’améliorer les conditions de travail des commerçants.

- Remarquable dans la novation de son financement ensuite, puisqu’il associe une subvention de 3,15 millions d’euros (2,1 milliards de FCFA) et un prêt très concessionnel de 2 millions d’euros (1,3 milliard de FCFA) à une Commune. J’en profite pour souligner que cette approche financière est la toute première intervention de cette nature de la part de l’Agence française de Développement en Afrique sub-saharienne, et vraisemblablement la première tous bailleurs de fonds confondus. Elle témoigne ainsi de la confiance dans la viabilité financière et la qualité de gestion de la commune de Ouagadougou sous l’égide de son maire, M. Simon COMPAORE.

- Remarquable dans sa gestion, enfin, qui doit se traduire par un accroissement des revenus municipaux tirés de l’exploitation des équipements, dont la gestion sera déléguée à la RAGEM : il s’agit non seulement de réaliser une infrastructure viable, mais également d’améliorer la situation globale de la commune, tout en la renforçant dans l’exercice des compétences qui lui on été transférées, et en pérennisant l’existence de la Régie autonome.

Ce projet n’en est pas à son début, car, rappelons-le, l’Etat burkinabé a déjà contribué, par une dotation à la Commune de 500 millions de FCFA, en vue de financer les travaux de démolition qui se sont déroulés de juin à décembre 2006.

Nous voici donc au temps de la reconstruction et de la réhabilitation. Pour rendre pleinement opérationnel ces infrastructures, ce programme comporte trois composantes :

1) S’agissant du marché Central de Rood Woko, les travaux devraient commencer en milieu d’année 2007, pour s’achever dans un an et demi, en fin d’année 2008, permettant ainsi la réinstallation de plus de 2 900 commerçants durant les premiers mois de 2009. Cette composante du projet a un coût prévu de 2,8 milliards de FCFA (4,25 millions d’euros).

2) De leur côté, les travaux de remise à niveau des infrastructures des six marchés secondaires se dérouleront entre avril et décembre 2007, pour un coût de 500 millions de FCFA (750 000 €), en totalité sur subvention. Cette composante financera notamment, selon les marchés, la construction de halles et de boutiques, le traitement d’une partie de la voirie, l’amélioration de la ventilation et de l’éclairage ainsi que la protection contre la pluie et l’ensoleillement.

3) Enfin, s’agissant de l’appui institutionnel, il est prévu de recenser les besoins de la RAGEM et de mettre en place les actions d’accompagnement nécessaires à la montée en puissance progressive de la régie, en tenant compte de la récente mise en service de deux équipements financés sur fonds propres, des interventions programmées sur les six marchés secondaires, et de la réouverture à venir du marché central. Cette dernière composante du projet, inscrite pour une durée de trois ans, soit jusque fin 2009, est estimée à 100 millions de FCFA (150 000 €) financés sur subventions.

Outre ces aspects financiers et de calendrier, il a été décidé, dans le cadre de ce projet, de retenir une logique technique dirigée vers une optimisation de la fluidité des circulations et de la qualité des accès au marché.

La prise en compte de la sécurité a également prévalu. Ainsi les réseaux d’adduction d’eau, domestique et de sécurité incendie, seront revus, et les robinets d’incendie armés seront notamment remis en état de fonctionnement. L’installation électrique sera reprise en son intégralité. Les locaux techniques, sanitaires, et administratifs ainsi que l’infirmerie seront réhabilités.

Toutefois, il s’agit avant tout d’une réhabilitation dans laquelle il a été décidé de détruire à minima ce qui devait l’être, de façon à préserver l’esprit qui existait au préalable sur ce marché. Ainsi, l’ancienne halle perpétuera la fonction de marché traditionnel de produits frais.

Enfin, il paraît important de rappeler que cette action est envisagée dans le cadre d’une réflexion plus globale de l’intervention française auprès de la Ville de Ouagadougou (projets de désenclavement des quartiers périphériques, d’assainissement collectif...). A cet effet, un assistant technique, dont le financement sera assuré conjointement par le Grand Lyon, l’Afd et le Ministère français des affaires étrangères, devrait, dans le courant de l’année 2007, rejoindre l’équipe municipale pour une durée de trois ans.

Voici, Monsieur le Maire, messieurs les maires d’arrondissements, mesdames et messieurs, une rapide présentation de ce projet. Il exprime bien la confiance de la coopération française dans la gestion de la Commune de Ouagadougou, et réaffirme l’idée d’une aide au développement novatrice, qui se doit de passer par les structures marchandes des pays ou elle intervient.

L’engagement de tous les acteurs a joué et jouera un rôle déterminant dans la réussite de ce projet, nécessaire à la croissance économique de la ville de Ouagadougou, à la bonne mise en marche de la décentralisation, comme à la lutte contre la pauvreté, qui sont les défis majeurs à relever pour le gouvernement du Burkina.

Je vous remercie.

Son Excellence Monsieur François GOLDBLATT,
Ambassadeur de France au Burkina Faso.

Dernière modification : 29/01/2007

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