Discours de l’Ambassadeur à l’occasion de la signature de la convention d’aide budgétaire globale entre la France et le Burkina Faso (le 22 décembre 2006)

Monsieur le Ministre,

Monsieur le Directeur Général de la Coopération,

Mesdames et Messieurs.

Une Mission Financière française s’est rendue au Burkina Faso au mois d’octobre dernier, pour instruire l’aide budgétaire globale dont nous allons signer la convention aujourd’hui. Elle a constaté que ce pays possède une économie fragile, mais qu’il réalise des performances économiques très honorables malgré un environnement général marqué par des chocs exogènes de grande ampleur. Les réformes structurelles qui ont été engagées par votre gouvernement, Monsieur le Ministre, montrent la volonté politique de hisser le Faso dans les classements mondiaux relatifs au développement économique ou humain, et de le sortir de la pauvreté.

La même mission a constaté que les finances publiques sont maîtrisées, bien qu’elles nécessitent toujours une attention particulière quant au creusement du déficit budgétaire. De même, la réforme des finances publiques a progressé grâce au Programme de Renforcement de la Gestion Budgétaire. Des progrès importants restent possibles, le diagnostic a été effectué et un plan de réforme a été élaboré pour mettre en oeuvre la nouvelle « stratégie de reforme des finances publiques » (SRFP) qui doit être prochainement validée en conseil des ministres. La France s’est fortement impliquée dans le soutien de ces réformes et travaille actuellement à un appui, sous forme d’aide programme, qui permettra d’accompagner la mise en œuvre de cette stratégie.
Le Burkina Faso a élaboré en 2000 une stratégie de réduction de la pauvreté révisée en 2003. L’ensemble des partenaires techniques et financiers juge la mise en œuvre du Cadre Stratègique de Lutte contre la Pauvreté satisfaisante. Ce processus CSLP a initié des évolutions profondes et a permis d’obtenir des avancées notables (réduction de l’incidence de la pauvreté de 46,4% en 2003 à une estimation de 42,4% en 2005).

Afin d’appuyer la mise en œuvre du CSLP et de renforcer le pilotage par les autorités burkinabé de la coordination des interventions des bailleurs contribuant sous forme d’appuis budgétaires, l’Etat et neuf partenaires techniques et financiers (3 multilatéraux et 6 bilatéraux dont la France) ont signé en janvier 2005, le protocole d’accord du Cadre général d’organisation des appuis budgétaires (CGAB). L’objectif de ce cadre de partenariat est de privilégier le budget de l’Etat comme cadre de financement et de mise en œuvre du CSLP, à travers des aides budgétaires globales et, si possible, pluri-annuelles, tout en améliorant l’ efficacité de la dépense publique et en réduisant le coût de gestion de ces aides.

Le CGAB - CSLP a maintenant presque deux ans d’existence et il connaît déjà des résultats intéressants : d’abord, le dialogue entre bailleurs et entre les bailleurs et le gouvernement burkinabé s’est sensiblement amélioré ; ensuite, l’aide devient progressivement plus prévisible ; on explore, enfin, les voies pour conjuguer les diverses modalités d’instruction et de déboursement des aides extérieures avec les contraintes de la préparation et de l’exécution du budget burkinabé.

Jusqu’à présent, l’appui de la France a pris la forme de subventions annuelles appelées « subventions d’ajustement structurelle ». Pour mieux prendre en compte le processus d’harmonisation posé dans le cadre du CGAB-CSLP, la France est aujourd’hui en mesure d’annoncer une Aide budgétaire globale (c’est à dire versée directement au budget de l’Etat sans affectation) et pluriannuelle. Cette convention de 14,5 M€ (soit 9 milliards 511 millions FCFA) couvre en effet les exercices 2006-2007-2008. Le Burkina est l’un des premiers pays où l’aide budgétaire de la France prend cette forme, ce qui est aussi une reconnaissance et une marque de confiance dans l’avenir.

Pour 2006, l’aide budgétaire sera de 6,5 ME (plus de 4 milliards 260 millions FCFA), versée en une seule tranche fixe, sur la base de l’approbation en septembre dernier de la dernière revue de la FRPC par le Conseil d’Administration du FMI. Pour 2007 et 2008, une tranche fixe de 4 ME (2 milliards 624 millions F CFA) sera versée sur la base du respect de trois critères essentiels inscrits dans la matrice d’objectifs du CGAB-CSLP : (i) la stabilité du cadre macro (sur la base des revues du FMI) ; (ii) la qualité de la mise en œuvre du CSLP ; et (iii) les progrès enregistrés dans la mise en œuvre des réformes des Finances publiques. Par ailleurs, une tranche additionnelle de 2,5 ME pourrait être allouée, conditionnée à la réalisation des objectifs de critères supplémentaires dans les domaines de l’éducation et de la gestion budgétaire, deux secteurs prioritaires de la coopération franco-burkinabé.

De plus, je me permets de rappeler les principales caractéristiques (ou éléments de nouveauté) de cet appui : un effort supplémentaire, puisque le montant de l’Aide Budgétaire Globale française concernant l’exercice 2006 est en augmentation de 18 % par rapport à 2005 ; son caractère pluriannuel, qui améliore la prévisibilité ; enfin, cette aide s’inscrit pleinement dans le processus d’harmonisation mis en place depuis plusieurs années au Burkina dans le cadre d’une approche basée sur les résultats : aide pluriannuelle, mécanisme en deux tranches, indicateurs de moyens et de résultat tirés de la matrice commune, décaissements basés sur des critères de performance.

Enfin je souhaiterais vous annoncer que, dans le courant de la semaine écoulée, la France a accordé au Burkina Faso dans divers domaines tels que le coton, la décentralisation, le marché de Ouagadougou, l’enseignement supérieur, et cette aide budgétaire, plus de 48 millions d’Euros, soit 32 milliards de francs CFA pour les trois prochaines années. Par ailleurs, au niveau régional je vais me rendre dans quelques minutes au siége de l’UEMOA pour signer une convention de 20 millions d’Euros, soit 13,5 milliards de FCFA.

Permettez moi de saisir l’occasion qui m’est donnée pour rappeler que, durant l’année 2006, la France a décaissé un total de 61 millions d’Euros, soit 40,5 milliards de FCFA au profit du Burkina Faso. Ce chiffre comprend les différents décaissements de l’Agence Française de Développement (AFD), pour un montant 26, 5 milliards de FCFA, ceux du Service de Coopération et d’Action Culturelle (SCAC), à hauteur de 8 milliards de FCFA, et une aide budgétaire directe de 6 milliards de FCFA pour l’année en cours.

Je sait, Monsieur le Ministre, que vous saurez utiliser au mieux ces fonds tranche, et peux vous promettre de tout mettre en œuvre pour que mon pays continue à appuyer au mieux le Burkina.

Je vous remercie.

Dernière modification : 22/01/2007

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