Intégration régionale

Intégration régionale

La dynamique d’intégration régionale en Afrique de l’Ouest

L’appui aux structures d’intégration régionale en Afrique de l’Ouest se rattache à des objectifs généraux de la coopération française en faveur des processus régionaux d’intégration en Afrique. Pour ce continent, le regroupement d’Etats en ensembles économiques régionaux constitue une tentative de réponse aux risques de marginalisation. L’intégration régionale reste le rare moyen dont disposent les Etats africains pour faire valoir leurs droits lors de grandes négociations internationales, notamment dans le cadre des Accords de Partenariat Economique (APE). L’organisation en sous-ensembles régionaux constitue un élément de stabilité et de réduction des conflits entre les Etats. Elle est aussi un bon « levier » de réformes qui peuvent plus difficilement être menées à l’échelle nationale. Le cadre régional peut être enfin le cadre de référence de la mise en œuvre de stratégies sectorielles (transport, énergie, sécurité alimentaire...) nécessaires à la lutte contre la pauvreté.

Le soutien de la France à l’intégration régionale s’inscrit parfaitement dans le cadre du Nouveau Partenariat pour l’Afrique, le NEPAD, qui privilégie les approches sous-régionales et régionales du développement.

L’appui aux processus d’intégration régionale procède d’une démarche volontariste, s’inscrivant dans le long terme. Les difficultés rencontrées dans les processus d’intégration - qui ne sont pas propres à l’Afrique de l’Ouest - sont en effet nombreuses sur le plan économique : incohérence des espaces politiques régionaux, insuffisance des infrastructures régionales, hétérogénéité des niveaux de développement entre Etats membres. Les obstacles sont aussi politiques : multiplication des conflits, rivalités de leadership, instabilité intérieure de nombreux Etats, qui freinent le développement des processus d’intégration régionale à court terme.

L’Union économique et monétaire Ouest- Africaine ( UEMOA )

La création en janvier 1994 de l’UEMOA, qui a coïncidé avec la dévaluation du franc CFA, s’est très largement inspirée des principes de l’Union européenne. Plus qu’une simple union douanière, l’UEMOA vise la convergence des politiques économiques et une véritable intégration des économies des pays membres. L’UEMOA a constitué un puissant levier de changement et de modernisation. Les bailleurs ont d’ailleurs souvent joué du caractère supranational du traité, dans certains cas à l’excès, pour inciter aux réformes.

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Les progrès réalisés par l’UEMOA ont permis d’envisager une nouvelle phase dans l’intégration économique des pays de l’UEMOA avec la mise en œuvre des politiques sectorielles communes. La France apporte ainsi son soutien à l’UEMOA dans les domaines suivants :

- mise en œuvre d’une Politique Agricole de l’Union (PAU)
- mise en œuvre d’une politique commune de l’environnement et de l’aménagement du territoire
- mise en place d’une réglementation communautaire dans le secteur du transport aérien
- appui institutionnel aux programmes régionaux de développement sanitaire et social.

La Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest ( CEDEAO )

La CEDEAO avait au départ des objectifs d’intégration économique analogues à ceux de l’UEMOA mais la compétition commerciale, les clivages linguistiques, l’absence de monnaie commune et l’instabilité politique du Nigéria ont freiné le processus. Sous l’impulsion du Nigeria, la CEDEAO s’est plutôt orientée vers des missions de maintien de la paix, avec la création de l’ECOMOG en 1990 pour la solution de la crise au Libéria, et l’adoption en 1998 d’un mécanisme régional de gestion des conflits qui constitue à ce jour le seul dispositif d’interposition exclusivement africain ayant à son actif quelques résultats (Sierra Leone).

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L’appui apporté à la Commission de l’UEMOA sert de « plate-forme » à notre coopération avec le Secrétariat exécutif de la CEDEAO, devenue également, depuis 2002, un cadre de référence pour la convergence et l’intégration des économies ouest-africaines. La France a été saisie par la CEDEAO pour appuyer un processus d’harmonisation dans le domaine statistique et l’instauration de cadres normatifs dans les domaines douaniers et des finances publiques.

L’appui à la CEDEAO a gagné une dynamique propre par rapport à celui apporté à l’UEMOA pour trois raisons :
- les pays enclavés de l’UEMOA ont, face aux conséquences économiques de la crise ivoirienne, su développer des « solutions de contournement » qui ont largement dépassé les frontières de l’UEMOA.
- l’espace CEDEAO est très probablement un espace de solidarité économique fort, parce que structuré autour de solidarités transfrontalières et dans plusieurs secteurs, la CEDEAO est plus naturellement le cadre de référence, notamment pour la réalisation de grands projets d’infrastructures (énergie, environnement notamment).
- la CEDEAO a été désignée « point focal du NEPAD » pour l’Afrique de l’Ouest, et bénéficie, depuis 2001, d’une attention particulière des principaux partenaires extérieurs.

Dernière modification : 25/01/2008

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