L’AFD accorde un prêt de 15,2 millions d’Euros à la SOCOMA

La Société Cotonnière du Gourma (groupe DAGRIS) et l’Agence Française de Développement réaffirment leur confiance en l’avenir de la filière coton au Burkina Faso.

La Société Cotonnière du Gourma (SOCOMA), basée à Fada-N’Gourma, vient de signer, avec l’Agence Française de Développement, une convention de crédit d’un montant de 15,2 millions d’Euros (près de 10 milliards de FCFA), destinés au financement partiel de son programme d’investissement. La finalité du projet est de contribuer au développement économique et social de l’Est du Burkina Faso, dans lequel la filière coton joue un rôle essentiel.

Le projet se décompose en deux volets :

- un volet industriel : construction d’une unité d’égrenage à Kompienga ;
- des composantes agricoles et environnementales associées, centrées sur le concept de "végétalisation de l’espace naturel" et décomposées en trois axes : (i) l’agro-écologie, (ii) la préservation de l’espace et (iii) la diversification des cultures et des sources de revenus pour les producteurs.

1/ L’unité d’égrenage aura une capacité de 50 000 tonnes de coton graine par campagne.
Le processus d’égrenage sera doté des dernières technologies en la matière : deux lignes d’aspiration et double nettoyage du coton graine, trois lignes d’égrenage d’une capacité nominale individuelle de 15 balles/heure avec double nettoyage de la fibre, une presse haute capacité (45 balles / heure) dotée d’un ensachage des balles automatisé. Les travaux de construction de l’usine sont très largement avancés et l’entrée en service de la nouvelle usine est prévue pour la campagne d’égrenage 2006-07.

2/ Le programme agricole et environnemental s’étalera, en revanche, sur plusieurs années.

Le volet agro-écologie comporte de multiples actions destinées à favoriser la protection des sols et une meilleure gestion de l’eau :

- introduction des techniques dites de semis direct sous couvert végétal,
- lutte anti-érosive (construction de biefs et diguettes, bandes anti-érosives, sens des semis, haies vives),
- protection phytosanitaire raisonnée (développement de méthodes de lutte intégrée et d’interventions sur seuil),
- reforestation (plantation de légumineuses - du type Acacia albida, ce qui permet la fixation de l’azote atmosphérique, sur les sols cotonniers et vivriers).

Le volet préservation de l’espace comprend également diverses actions :

- la participation de la société à la protection du parc national de l’Arly et des réserves naturelles en bordure des terroirs villageois concernés par la culture du coton,
- l’inclusion, dans les travaux de construction de la nouvelle usine, de prestations dédiées aux aménagements paysagers et à la protection de l’environnement (voie d’accès, assainissement, parterres et brumisation des tours à poussières).

Enfin, le volet diversification des cultures et des sources de revenu comprend les actions suivantes :
- amélioration des itinéraires techniques et diversification des cultures vivrières,
- insertion de la culture de tournesol dans l’assolement des exploitations cotonnières,
- appui à l’élevage et aux productions animales avec la mise en place d’un programme de développement de cultures fourragères),
- recherches sur la production de biocarburant.

Avec l’usine de Diapaga, réalisée l’an dernier sur ses ressources propres, la société SOCOMA disposera donc bientôt de trois unités industrielles capables d’accompagner le développement de la production cotonnière dans l’Est du pays.

La mise en œuvre parallèle des composantes agricoles et environnementales, avec notamment l’innovation majeure pour le Burkina-Faso du semis direct sur couverture végétale, peut permettre d’avancer fortement vers la mise au point d’un système de production assurant durablement la reproduction de la fertilité des sols en culture. La réussite du projet pourrait ainsi contribuer, dans l’intérêt de l’ensemble de la filière cotonnière burkinabè, à asseoir les bases d’un système de production pérenne et relevant le défi de la productivité.

Malgré un contexte international difficile, la signature de la convention de financement traduit la confiance de l’investisseur DAGRIS et de sa filiale SOCOMA d’une part, et de leur partenaire financier l’AFD d’autre part, dans l’avenir de la filière cotonnière en Afrique de l’Ouest et au Burkina-Faso./.

Dernière modification : 13/06/2006

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