Le Président Michel KAFANDO a été reçu le 1er juin 2015 à l’Elysée par François Hollande.

A l’issue de l’entretien entre le Président Michel Kafando et le Chef de l’État, un point de presse s’est déroulé au Palais de l’Élysée.
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Elysée – Lundi 01 Juin 2015

Mesdames, Messieurs,

J’ai reçu, c’était la première fois, le président Michel KAFANDO, que j’avais rencontré dans d’autres occasions. Mais c’est la première fois que je le reçois ici à l’Elysée. J’y tenais tout particulièrement parce que je voulais lui témoigner le soutien de la France dans le processus qui est conduit et qu’il a la responsabilité d’assurer. C’est le processus qui doit conduire jusqu’aux élections, élections qui doivent être transparentes et incontestables. C’est la tâche qui est la sienne, avec le gouvernement du Burkina Faso et les autorités qui ont été mises en place pour permettre la bonne fin de ce processus.
Je voulais également lui dire combien nous sommes à ses côtés pour que la justice puisse faire son travail en toute indépendance par rapport à des événements ou à des faits qui ont pu à un moment saisir le Burkina Faso.
Je voulais également lui dire que la France mettait des moyens pour que les élections puissent se tenir et que, dans le cadre de notre aide au développement, nous avons dégagé des crédits pour justement faire que les élections puissent avoir tout le caractère incontestable que nous voulons leur donner.
Nous avons aussi d’autres aides pour le développement du Burkina Faso et encore il y a quelques semaines, la ministre du Développement a pu mettre en évidence ce que nous pouvons faire, notamment dans le cadre des énergies renouvelables.
Je voulais également exprimer ma gratitude au Burkina Faso pour la responsabilité qui est maintenant celle du pays. D’autres pays peuvent regarder vers le Burkina Faso, qui doit être un exemple par rapport à ce que la démocratie doit être. Un exemple par rapport à ce que des processus constitutionnels doivent être et donc, si nous sommes aux côtés du Burkina Faso, c’est parce que nous voulons aussi qu’il ait valeur d’exemple. Je pense notamment à ce qui se passe aujourd’hui au Burundi, où nous devons expliquer qu’il y a des processus constitutionnels qui doivent être respectés et qu’il y a aussi des élections qui doivent être organisées en toute transparence.
Mais je voulais exprimer également ma gratitude à l’égard du Burkina Faso parce que vous avez, il y a quelques semaines, – c’était au mois d’avril – accueilli les familles qui avaient été particulièrement touchées par la catastrophe aérienne sur le vol Air Algérie, Ouagadougou-Alger, et ces familles ont été particulièrement touchées par l’ensemble des accueils qui leur ont été assurés et les cérémonies qui ont été organisées avec la France.
Je voulais encore exprimer ma gratitude par rapport à ce que fait le Burkina Faso au Mali dans le cadre de la MINUSMA, et vous avez décidé d’envoyer un deuxième bataillon et c’est très important, pour que nous puissions assurer la sécurité au Mali et travailler à ce que l’accord qui est maintenant en voie d’être finalisé puisse être enfin signé.
Et enfin souligner le rôle du Burkina Faso dans la Conférence sur le climat, vous me rappeliez Monsieur le Président que c’est le Burkina Faso à l’époque Haute-Volta qui avait été la première des nations africaines à s’engager dans ce processus, alertée, et aujourd’hui vous êtes à nos côtés pour que nous puissions trouver un accord à Paris. Et la voix de l’Afrique doit être particulièrement entendue notamment sur la question du financement de l’adaptation de la transition. Et nous travaillons justement à ce que des crédits puissent être mobilisés, à ce que des fonds puissent être réunis pour que l’Afrique soit pleinement associée à la conclusion de l’accord et à ce qu’un accord puisse être conclu à Paris.
Pour toutes ces raisons, je tenais à vous accueillir et à vous dire que la France ne ménagera aucun effort pour que vous puissiez arriver aux objectifs qui sont les vôtres : la transition.
Ce n’est pas facile de faire une transition et donc nous devons être solidaires du Burkina Faso et du Président pour que cette transition soit réussie.

Merci.

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Michel KAFANDO : Monsieur le Président, ma délégation et moi tenons à vous remercier pour cette invitation de venir à Paris. Nous voyons là d’abord une signification : c’est le soutien que vous-même et vous venez de le répéter, votre gouvernement et le peuple français apportent au Burkina Faso dans cette période décisive qui est de conduire le pays vers des élections transparentes et crédibles.
Vous l’avez si bien souligné Monsieur le Président, une transition n’est pas facile. Une transition n’est pas facile et celle du Burkina l’est encore plus parce que, vous savez que c’est à la suite d’un changement, d’une insurrection populaire que nous, nous sommes venus assurer les responsabilités qu’on assure actuellement.
Je dis aussi que c’est une belle opportunité pour nous, notre visite, parce que nous avons pu vous expliquer comment nous essayons de conduire la transition avec toutes les difficultés, tous les effets, tous les problèmes qu’on a, vers en tout cas un changement fondamental au Burkina, pour qu’à l’issue de ce vote, à l’issue de l’institution de nouvelles institutions, nous arrivions quand même à une société beaucoup plus juste ; ce qui ne l’était pas. A une société, même si elle n’est pas, qui tienne quand même compte d’un certain nombre de personnes qui sont à l’heure actuelle déshéritées : nous parlons des jeunes.
La particularité du changement au Burkina, c’est que cette insurrection a été faite par des jeunes et des femmes et nous sommes bien obligés d’en tenir compte. C’est la voix de ces milliers de jeunes, de ces femmes que nous écoutons actuellement dans tout ce que nous faisons pour la transition.
La transition, elle même, ne peut être trop longue. Vraiment je peux certifier que nous allons, en tout cas sur le bon chemin parce que déjà nous avons déterminé le chronogramme et quand les élections auront lieu. Comme vous le savez le 11 octobre pour l’élection présidentielle et les législatives couplées, et le 31 janvier pour les élections municipales. Le 31 janvier, nous ne serons pas là. La transition s’arrêtera bien avant, mais comme nous allons convoquer le corps électoral, nous sommes sûrs que ceux qui viendront, ceux que j’appelle les techniciens de la politique, seront bien obligés de suivre ce que nous allons laisser comme trace.
Nous avons dans le même ordre d’idée, – pendant ces élections importantes, surtout transparentes et très significatives – ouvert un abonnement et près de 800 000 jeunes se sont inscrits à ce jour, ce qui va porter quand même le nombre du corps électoral à un niveau plus appréciable qu’avant.
Donc tout cela Monsieur le Président, cela s’est fait avec votre concours. Je ne saurais et je ne me tairais jamais parce que je sais qu’au début cela n’a pas été facile pour nous qui sommes venus ; beaucoup d’incompréhensions ont entouré les changements au Burkina. Mais vous, vous nous avez aidé à faire comprendre à la communauté internationale qu’il s’agit d’une volonté du peuple, il ne s’agit pas d’un changement, du genre d’un coup d’Etat.
Et beaucoup dans la communauté internationale aussi qui étaient un peu réticents ont compris. Et je peux vous dire qu’à l’heure actuelle, vraiment toute la communauté internationale nous comprend et aide le Burkina. Et vous avez joué un rôle et je tiens à vous remercier Monsieur le Président.
Ceci étant vous avez abordé d’autres problèmes : la sécurité dans notre sous-région qui est absolument grave. Tout récemment nous avons connu encore des situations, au Mali, qui montrent que la fragilité de l’accord que nous avons signé : l’accord pour le maintien de la paix et la sécurité au Mali.
Mais cela ne doit pas nous décourager parce que la lutte contre le terrorisme, l’insécurité, est une lutte de longue haleine et nous attendons – puisqu’il y aura une conférence internationale – pour essayer d’ébaucher une stratégie de lutte contre le terrorisme. Nous attendons qu’un pays comme la France – il y a aussi une espérance en la matière, je n’oublie pas le mois de janvier et les événements chez vous – puisse aussi venir et nous aider non seulement dans les pensées, mais aussi nous aider à monter une véritable stratégie.
C’est seulement avec l’engagement de tout le monde que nous arriverons à mettre fin au terrorisme. Vous avez évoqué aussi la question de la grande Conférence de Paris sur les changements climatiques, un sujet qui intéresse tout le monde, nous le savons, c’est un des effets du changement qui sont là, visibles pour tout le monde, aucun pays n’est épargné. Et je vous ai donné la certitude, en tout cas l’assurance, que le Burkina Faso sera présent parce que nous avons une longue expérience de la lutte contre les changements climatiques.
Vous pouvez comptez sur nous pour que véritablement cette conférence là puisse non seulement avoir une participation universelle, mais que nous puissions déboucher sur des résultats tranquilles, parce qu’il est de l’intérêt de notre monde de pouvoir sauvegarder véritablement le climat et d’avoir véritablement des changements en matière de climat. Alors sur ce, je voulais encore une fois vous remercier et vous remercier aussi pour la coopération bilatérale qui est excellente à nos yeux.
Merci beaucoup Monsieur le Président, et en tous les cas nous comptons toujours sur vous.

LE PRESIDENT : Et vous avez raison.
Merci.
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Dernière modification : 09/06/2015

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