Remise des insignes de la Légion d’Honneur à M. Soungalo Apollinaire OUATTARA, Président de l’Assemblée Nationale - 4 mars 2014

Discours de la Cérémonie de remise des insignes de Chevalier de la Légion d’honneur à Monsieur Soungalo Apollinaire OUATTARA Président de l’Assemblée Nationale prononcé par S. E. M. Gilles THIBAULT, Ambassadeur de France

Mardi 4 mars 2014 à 18h30

Eminence,
Mesdames et messieurs les Présidents d’institution,
Mesdames et messieurs les membres du Gouvernement,
Messieurs les Présidents des Assemblées nationales de Guinée, du Mali et Tchad
Mesdames et messieurs les représentants de Grenoble,
Mesdames et messieurs les représentants du corps diplomatique, très cher collègues,
Mesdames et Messieurs les représentants des organisations internationales et interafricaines,
Honorables Députés,
Mesdames et messieurs les représentants des autorités religieuses, civiles, militaires et coutumières,
Chère Madame Ouattara,
Chers Amis,
Monsieur le Président de l’Assemblée nationale, mon Cher Soungalo,

Je suis très heureux et honoré de vous accueillir, ce soir, à la Résidence de France entouré de vos amis, de vos proches et de votre famille. Les qualités et titres de ceux qui sont venus vous accompagner à l’occasion de cette remise des insignes de la Légion d’honneur sont tout à fait remarquables. C’est pourquoi, je leur demande de bien vouloir me pardonner et vous aussi, M. le Président, de ne pas les avoir salué individuellement.
Ceci dit, c’est avec beaucoup de plaisir que je retrouve dans l’assistance les visages de plusieurs ministres et ceux des représentants des plus hautes institutions burkinabè. Je vois également que beaucoup de vos collègues parlementaires et de vos collaborateurs de l’Assemblée nationale sont avec nous.
Parmi ceux que je ne connais pas encore, il y a, je le sais, les membres de votre famille, les nombreux amis que vous vous êtes faits partout où vous avez servi, et bien sûr ceux qui sont venus de votre région natale : les Bobolais que je salue tout particulièrement.
Je dois à la vérité de dire que j’ai eu le privilège d’en rencontrer quelques-uns en novembre dernier, lorsque vous m’avez fait l’honneur de me recevoir chez vous avec votre épouse. Je garde de ce déplacement le meilleur souvenir. Permettez-moi une nouvelle fois de vous dire ma reconnaissance pour la qualité et la chaleur de votre accueil.

La réception de ce soir revêt un caractère exceptionnel du fait, bien sûr, des très hautes fonctions que vous occupez - vous êtes en effet le deuxième personnage de l’Etat dans l’ordre protocolaire - mais aussi du fait du rôle éminent que vous jouez et depuis longtemps dans la consolidation de l’amitié franco-burkinabè.
En vous attribuant la Légion d’honneur, le premier de ses Ordres nationaux, la France a choisi de distinguer un homme dont les qualités professionnelles et humaines sont connues de tous au Burkina Faso et au-delà ; un homme qui dans tous les postes qu’il a occupé, a toujours bénéficié de la reconnaissance et de l’estime de ses pairs, de ses collaborateurs et de tous ses interlocuteurs.
Avant de vous remettre les insignes de Chevalier de la Légion d’Honneur, je vais maintenant, Monsieur le Président, comme le veut l’usage, évoquer quelques uns des traits saillants de votre parcours, de votre engagement et de votre personnalité.

Vous êtes né le 31 décembre 1956 à Koumi, à une quinzaine de kilomètres de Bobo Dioulasso. Je serai curieux de savoir quel destin vous aurez été prédit si un devin s’était penché alors sur votre berceau. Croyez-vous qu’il aurait annoncé que vous accéderiez un jour au perchoir de l’Assemblée nationale burkinabè ? Par curiosité, j’ai vu que Ouattara signifiait les hommes du pays de OUATTA, les hommes du pays de la puissance et de la force.
Probablement qu’en 1976, Monsieur le Président, le jeune bachelier que vous étiez, rêvait d’une carrière bien différente de celle qui fut la vôtre ! Vous nous le direz peut-être tout à l’heure. En tout cas, j’ai cru comprendre que quand vous avez quitté les bancs du Lycée Ouezzin Coulibally de Bobo Dioulasso vous avez pensé embrasser la carrière de journaliste !
J’en profite pour saluer les représentants des médias présents ce soir. Je sais également que pendant vos années de lycée, vous avez, fréquenté assidûment l’institut français et que celui-ci était pour vous et vos amis une porte ouverte sur le monde mais également un refuge où vous pouviez trouver pratiquement tous les ouvrages qui vous intéressez.
Une fois votre licence de lettres modernes obtenue, vous vous êtes inscrit à l’Ecole de journalisme du Conseil de l’Entente à Lomé avant d’opter finalement pour l’Ecole Nationale d’Administration, l’actuelle ENAM. Votre participation comme aspirant journaliste aux manifestations étudiantes de 1979, en particulier votre engagement en faveur d’une réforme du système des examens allait faire de vous, à votre corps défendant selon certains (puisque vous y laisserez en route votre bourse universitaire), non un commentateur engagé de l’action publique, mais un acteur de celle-ci en tant qu’administrateur civil.

1983 sera une étape importante dans votre carrière puisqu’elle marque votre entrée dans le service public que vous n’avez finalement jamais plus quitté. Après un stage au sein du cabinet du préfet du Tarn à Albi, vous rejoignez donc la fonction publique burkinabè, plus précisément le Corps des administrateurs civils pour être aussitôt nommé Préfet-Maire de la Commune de Réo.
Vous allez alors servir pendant près de 12 ans au sein de cette administration territoriale dont vous maitriserez bientôt tous les rouages. Vous êtes successivement Préfet-Maire de Bogandé et de Thyon, Secrétaire général de la Province de la Gnagna, puis du Passoré, et enfin, de 1988 à 1994, Secrétaire Général du Ministère de l’Administration Territoriale et de la Sécurité. Vous bouclez ce parcours sans faute en devenant Secrétaire Permanent de la Commission Nationale de la Décentralisation où vous ne restez qu’une année.

1995 constitue également une date charnière puisqu’elle correspond pour vous au début d’un nouveau cycle, avec donc des nouveaux défis à relever. Vous accédez alors au poste de Secrétaire Général de la Présidence du Burkina Faso, fonction que vous occuperez jusqu’en 2006.
Auprès du chef de l’Etat, Son Excellence, M. Blaise Compaoré, vous allez ainsi parfaire votre connaissance du Burkina Faso, en apportant au service de la première institution du pays, votre remarquable expérience d’homme de terrain, de dialogue mais aussi de décision.
Car effectivement, vous possédez au plus haut degré ces qualités qui sont la marque des véritables hommes d’Etat : à savoir une connaissance approfondie des dossiers que vous traitez, un sens de l’humain remarquable et une vraie force de caractère. Ceux qui vous connaissent bien savent que vous pourriez assez facilement faire votre, ce mot de Napoléon : « la plus grande des immoralités est de faire un métier qu’on ne sait pas. »

Et c’est donc tout naturellement qu’en 2006 vous passez encore un cap en faisant votre entrée dans le gouvernement que dirige alors M. Paramanga Ernest Yonli. Celui-ci vous confie le portefeuille de ministre délégué auprès du ministre de l’Administration territoriale et de la décentralisation, chargé des collectivités territoriales, lequel ministre de l’époque n’est autre que Clément SAWADOGO
L’expérience se révèle tout aussi concluante que dans vos précédents postes si bien que vous êtes promu en 2007, Ministre de la Fonction publique et de la Réforme de l’Etat, poste que vous conserverez indépendamment de ses changements de dénomination, jusqu’à votre élection le 28 décembre 2012 à la Présidence de l’Assemblée nationale.
Pour être complet, je me dois de dire que votre portefeuille initial n’a fait que croître puisque le Ministre de la fonction publique et de la Réforme de l’Etat que vous fûtes au départ, sera à compter de 2011, Ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Sécurité sociale.

C’est donc un parcours en tout point exemplaire, Monsieur le Président, que vous avez accompli !
En glanant de-ci-delà des informations sur vous, j’ai eu la confirmation que cet engagement envers vos semblables, ce sens des responsabilités, ce goût du service public que chacun vous connaît, vous ont toujours habité. Responsable de la bibliothèque dans votre lycée, vous en êtes aussi l’un des délégués de classe. Cette expérience a porté ses fruits comme vous le reconnaissez : « cela a forgé en moi l’obligation de la rigueur, la nécessité de donner l’exemple ».
Vous avez conservé cet enthousiasme de la jeunesse dans vos premières fonctions officielles pour le plus grand bonheur de vos administrés qui ont découvert quelqu’un de très disponible, très à l’écoute et ayant une idée clair du chemin à parcourir pour atteindre les objectifs fixés.
Cette expérience, cette connaissance du terrain, ce vécu, vous avez souhaité le partager avec vos concitoyens, comme en témoigne le remarquable ouvrage « Gouvernances et libertés locales, pour une renaissance de l’Afrique » que vous avez publié aux éditions Karthala en 2007.
Je n’ose pas vous demandez, s’il ne demeure pas en vous un petit regret, celui de ne pas être devenu finalement journaliste ? Ne vous doit-on pas plusieurs opuscules et contributions ? Je pense à vos écrits sur « Ma commune », « l’Elu et la commune » prolongement de votre étude sur la politique de décentralisation au Burkina Faso dont vous perceviez toute l’acuité des 1990.
Je serai bien incomplet, si je ne citais pas vos contributions publiées par la Commission Nationale de la décentralisation portant notamment sur l’Exercice des libertés publiques au Burkina Faso, les Elections municipales et la décentralisation, la Décentralisation Administrative et la chefferie coutumière au Burkina Faso

Je ne voudrais pas non plus omettre de dire quelques mots de vos engagements politiques. En effet, vous avez menez vos deux carrières administrative et politique en complément l’une de l’autre. Membre du Conseil National de l’Organisation pour la Démocratie Populaire / Mouvement du Travail (ODP/MT) dès 1989, vous rejoignez naturellement le nouveau congrès pour la Démocratie et le Progrès, le CDP, dont vous êtes membre du Bureau du bureau exécutif national depuis 1996. Vous faites partie de ceux qui nourrissent leur engagement politique de leur connaissance des réalités locales.
Permettez-moi également en présence de vos homologues guinéen et malien , alors que vous rentrez tout juste du Tchad de souligner votre implication dans la défense de la francophonie. En tant que Président de l’Assemblée parlementaire de la francophonie, vous avez milité avec force et conviction pour la défense de nos valeurs et de notre langue communes.
Depuis votre arrivée au perchoir, vous avez également multiplié les contacts à tous les niveaux entre votre chambre et l’Assemblée nationale française en ayant comme objectif la professionnalisation de tous les acteurs de la vie parlementaire.

Vous me pardonnerez, Monsieur le Président de n’avoir pas mentionné toutes vos activités, tous vos engagements mais à l’impossible nul n’est tenu. En effet, je ne sais, si votre épouse, présente parmi nous, me démentira, mais malgré cette carrière oh combien chronophage, vous trouvez encore le temps d’être le parrain de plusieurs promotions de formations académiques et professionnelles, et fidèle aux valeurs qui ont baigné votre jeunesse.
C’est tout naturellement que vous avez par exemple co-parrainerez avec Michel CAMDESSUS la 3ème édition des semaines sociales de la Commission épiscopale Justice et paix Burkina-Niger, du 17 au 21 novembre 2008.
Vous vous êtes également impliqué, depuis de nombreuses années, auprès des Sapeurs Pompiers de l’Aude pour la réussite des opérations de « convois humanitaires », menées au bénéfice des populations du Burkina Faso. C’est dans ce cadre que vous avez été décoré en 2012, de la Médaille d’honneur des Sapeurs Pompiers de Carcassonne.
Pour clore provisoirement ce trop bref rappel de vos activités, et sans prendre le risque d’évoquer ce que l’avenir pourrait encore réserver à un éminent serviteur de l’Etat comme vous, je voudrais rappeler que vous êtes aussi Président du Conseil d’Administration de la Clinique Suka et conseiller au Conseil d’Administration de la Fondation du même nom.

Monsieur le Président, mon cher Soungalo,
Le caractère remarquable de votre parcours, votre engagement en faveur d’une administration au service de vos concitoyens, la profondeur de votre attachement à la France et au-delà à la francophonie, vous ont valu de vous voir attribuer par la France les insignes de Chevalier dans l’Ordre national de la Légion d’Honneur.
Je considère comme un honneur d’être celui qui va maintenant vous les remettre.

Monsieur Soungalo Apollinaire OUATTARA, au nom du Président de la République française, nous vous faisons Chevalier de la Légion d’honneur

Dernière modification : 03/11/2014

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