Sécurité alimentaire

- Présentation de la sécurité alimentaire au Burkina Faso
- L’action menée au Burkina Faso
- Appui de la France
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Présentation de la sécurité alimentaire au Burkina Faso

Le Burkina Faso reste un pays fragile en termes de sécurité alimentaire malgré la succession de plusieurs années de bonnes récoltes céréalières. A ce titre, les indicateurs nutritionnels, régulièrement suivis depuis trois années grâce à l’appui technique du dispositif de coopération français (IRD et Poste), montrent une amélioration de l’état de maigreur des enfants de moins de cinq ans (aspects conjoncturels) tout en conservant une relative stabilité pour les indicateurs de malnutrition chronique (aspects structurels), illustrant la précarité des conditions de vie des ménages.

Emergence de nouvelles formes de précarité des conditions de vie

Les économies sahéliennes ont beaucoup évolué au cours des différentes phases d’ajustement structurel : les marchés nationaux se sont ouverts sur l’ extérieur, les céréales importées (blé, riz) ont gagné des parts de marchés sur les céréales traditionnelles ; des opérations de spéculation, jouant sur la mobilité des stocks céréaliers commerçants, ont donné lieu à des tensions inhabituelles sur les prix ; la monétisation des échanges des ménages ruraux s’est systématisée par le biais des cultures de rente (coton, arachide, autres produits tropicaux) amenant les producteurs à devenir dépendant de nouveaux facteurs à risque d’ordre économique. Toutes ces raisons ont profondément modifié les causes mais aussi les conséquences de la vulnérabilité alimentaire. Ce transfert progressif d’économies de subsistance en économies familiales plus ouvertes à un environnement économique « global » a défini de nouvelles formes de précarité des conditions de vie. La non solvabilité monétaire de la demande en céréales en période de soudure en est un exemple.

Les causes de ces situations nouvelles ne sont pas captées par les systèmes d’information sur la sécurité alimentaire dont le Système d’Alerte Précoce, qui pérennisent toujours des systèmes de collecte ayant servi à renseigner les déficits de production.

Une certaine remise en cause du Système d’Alerte Précoce

Les activités de suivi des zones à risques et d’alerte en matière de sécurité alimentaire reposent essentiellement sur des enquêtes agricoles de routine (enquêtes annuelles) dont l’objectif est de fournir des estimations puis des bilans consolidés de la production agricole, en particulier céréalière, servant aussi à renseigner le PIB et le TES agricole. Les disponibilités céréalières par habitant ainsi calculées permettent d’estimer le risque de pénurie alimentaire.

Le Système d’Alerte Précoce (SAP) mis en place au Burkina repose sur sa capacité à fournir en temps utile une information dédiée à la prise de décision, permettant ainsi de déterminer des actions adaptées et ciblées. La crise nutritionnelle au Niger a illustré la difficulté de fournir une information fiable dans le temps et l’espace, basée sur une échelle probabiliste de risques à l’insécurité alimentaire. La faiblesse du SAP provient d’une caractérisation des crises alimentaires à partir de chaînes causales complexes, alimentées par des batteries d’indicateurs qui complexifient l’analyse en fonction des évènements, s’exposant ainsi à des remises en cause partielles ou complètes des informations fournies.

L’action menée au Burkina Faso

Au Burkina Faso, sur initiative de la Direction Générale des Prévisions et des Statistiques Agricoles (DGPSA) et grâce à l’appui du Ministère français des Affaires Étrangères (MAE), un recueil de données sanitaires et nutritionnelles a été intégré au sein de l’Enquête Permanente Agricole (EPA) depuis l’année 2004. Les principes guidant cette opération ont notamment été, dans un souci de pérennité, de ne pas surcharger le dispositif de recueil d’information de l’EPA et de ne pas entraîner de surcoût important tout en améliorant le ciblage et la compréhension des causes de la vulnérabilité alimentaire. L’information recueillie a été volontairement restreinte : indicateur subjectif du niveau économique du ménage, d’une part, et d’autre part données sanitaires et nutritionnelles limitées à la mesure du périmètre brachial et à une appréciation rapide de la morbidité des 2 semaines précédant l’enquête, chez les seuls enfants de moins de 5 ans.

Les premières analyses des informations ainsi recueillies en termes de surveillance nutritionnelle, ont été encourageants bien que montrant quelques incertitudes sur la précision des mesures notamment en termes de sensibilité des indicateurs à l’évolution saisonnière de l’état nutritionnel. Afin de remédier à ces limites, une enquête nutritionnelle complémentaire (ENC) a été menée sur deux passages (août 2006 et janvier 2007) en collaboration avec la Direction de la Nutrition du Ministère de la Santé et a permis de déterminer les points suivants :

évaluer l’intérêt et l’utilisation potentielle, en termes de surveillance et d’alerte, des informations sanitaires et nutritionnelles recueillies en routine au sein de l’EPA depuis 2004 ;

proposer des améliorations de ce dispositif, éventuellement par l’intégration de nouveaux indicateurs qui ont été définis comme suit : le score de diversité alimentaire et l’échelle d’insécurité alimentaire ressentie du ménage. Ces deux indicateurs permettront au SAP Burkina de disposer d’informations précises sur l’état de dégradation de la situation nutritionnelle (ce que les indicateurs anthropométriques classiques tels que ceux mesurant la maigreur ou l’émaciation des enfants de moins de cinq ans, ne permettent pas)

Les résultats ainsi obtenus ont pu être développés dans le cadre d’un groupe de concertation sur la nutrition regroupant de nombreux partenaires publics (ministère de la Santé et Agriculture) mais aussi des ONG, instituts de recherche, institutions internationales,.... Le Burkina est le premier pays ouest africain à s’être résolument engagé dans cette voie et à ce titre, la communauté internationale suit dorénavant avec intérêt les progrès ainsi réalisés (communications multiples lors de colloques -FAO, OCDE, CILSS, Union Européenne,...).

Appui de la France

La France a joué, au sein de son réseau de coopération, un rôle central et actif dans le processus d’intégration des données nutritionnelles au sein du SAP. L’Institut de Recherche pour le Développement (IRD) au travers de son Unité de Recherche « Alimentation, Nurition et Sociétés") basée à Montpellier et Ouagadougou, a été le partenaire scientifique de référence qui a permis d’accompagner le processus et les stratégies retenues. L’Ambassade de France à Ouagadougou et le Ministère des Affaires Etrangères à Paris ont financé les coûts liés aux enquêtes et ont apporté toute l’expertise technique nécessaire. Enfin, une subvention complémentaire a été octroyée au Comité permanent Inter états de Lutte contre la Sécheresse au Sahel (CILSS) afin de diffuser les aspects techniques aux neuf pays de la sous-région Afrique de l’Ouest. Cette initiative d’intégration des données nutritionnelles à visée d’alerte, a permis de réaliser des diagnostics pays et de proposer des appuis techniques dans trois pays tests.

Contact

Missions CILSS/IRD/MAE sur les diagnostics de situation en matière d’information sécurité alimentaire et nutritionnelle : www.cilss.bf

Dernière modification : 29/03/2007

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