Signature de la convention de financement du Programme Régional de Gestion Durable des Terres (PRGDT) - Discours de l’ambassadeur de France

Le Programme Régional de Gestion Durable des Terres (PRGDT) a pour but de créer les conditions politiques, stratégiques, techniques et sociales pour que les acteurs locaux puissent choisir, mettre en œuvre et gérer des actions de gestion durable des terres qui améliorent leurs revenus et réduisent leur vulnérabilité aux changements climatiques.
Le PRGDT est porté par le CILSS avec l’appui de 3 partenaires financiers et techniques : l’Union Européenne, le Centre de Recherche Canadien pour le Développement International (CRDI) et le Fonds Français pour l’Environnement Mondial (FFEM).
C’est ainsi dans le cadre de la FFEM que la France contribue au PRGDT, par cette convention, à hauteur de 1,3 milliards de FCFA, soit 2 millions d’euros.

Mardi 21 décembre 2010

Monsieur, le Secrétaire Exécutif du CILSS
Monsieur, le Secrétaire Exécutif adjoint
Mesdames et Messieurs les partenaires du CILSS réunis au sein du « Groupe de Ouaga »
Mesdames, Messieurs,

La dégradation des terres touche gravement les pays d’Afrique de l’Ouest qui sont très dépendants, économiquement et socialement, de l’exploitation des ressources naturelles. Parmi eux, les pays sahéliens, dont les écosystèmes sont les plus fragiles, sont donc les plus menacés par la désertification.

La lutte contre cette désertification a déjà fait l’objet de nombreux plans d’action et documents stratégiques au niveau des pays ouest-africains ; des projets pilotes ont également permis de valider différentes techniques et de montrer leur impact positif, non seulement sur les écosystèmes mais aussi sur les systèmes de production et les conditions de vie des populations.

Toutefois, les superficies aujourd’hui aménagées demeurent encore très réduites par rapport à l’immensité des besoins, tant et si bien que les processus de dégradation des terres se poursuivent et que la sécurité alimentaire des populations reste toujours menacée.

Parmi les causes qui rendent difficile ce changement d’échelle, il y a bien sûr le manque de financements ; mais il y a aussi une approche souvent trop « techniciste » de la lutte contre la désertification, qui peine à prendre en compte les dynamiques écologiques, sociales et économiques qui conditionnent les modes d’exploitation des ressources naturelles.

Les techniques de lutte contre la désertification doivent donc être adaptées aux divers milieux physiques, mais aussi aux systèmes de production qui permettent aux populations d’exploiter ces milieux, ainsi qu’aux conditions sociales qui régissent le droit d’accès aux ressources naturelles et les règles de leur utilisation. Jusqu’à présent, en Afrique de l’Ouest, peu de politiques de lutte contre la désertification prennent globalement ces questions en compte.

L’objectif du Programme Régional de Gestion Durable des Terres (PRGDT) est justement de créer les conditions politiques, stratégiques, techniques et sociales pour que les acteurs locaux puissent choisir, mettre en œuvre et gérer des actions de gestion durable des terres qui améliorent leurs revenus et réduisent leur vulnérabilité aux changements climatiques.

Ce programme régional cherche donc à mettre au cœur de la lutte contre la désertification les acteurs et les institutions qui sont immédiatement confrontés aux processus de dégradation des terres, c’est à dire :
d’un côté, les agriculteurs, les éleveurs et les forestiers, qui choisissent les modes d’exploitation des terres et, bien souvent, définissent les règles de gestion de ces ressources naturelles ;
de l’autre, les collectivités locales qui, dans le cadre des processus de décentralisation, ont reçu des compétences en matière de développement économique, d’aménagement du territoire, de gestion du foncier et des ressources naturelles.

Le Programme Régional de Gestion Durable des Terres (PRGDT) est porté par le CILSS avec l’appui de 3 partenaires financiers mais aussi techniques :

 l’Union Européenne (UE), qui apporte la plus grande part du financement soit 6,5 milliards de FCFA

 le Centre de Recherche Canadien pour le Développement International (CRDI) qui contribue à hauteur 496 Millions de FCFA

 et le Fonds Français pour l’Environnement Mondial (FFEM) dont la présente convention de 1,3 milliards de FCFA, soit 2 millions d’euros, représente la contribution de la France.

Par ailleurs, le Programme Régional de Gestion Durable des Terres (PRGDT) se propose de réussir l’appui à ce changement d’échelle de deux manières :

 d’une part, en s’appuyant sur une structure régionale spécialisée, le CILSS, qui en est le maître d’ouvrage. Le choix du CILSS s’explique naturellement car il possède à la fois une légitimité sur la thématique, liée à son mandat institutionnel, et la capacité technique de porter le dispositif de manière efficace.

 d’autre part , en développent un schéma institutionnel innovant : en effet, non seulement le PRGDT s’appuie sur les collectivités territoriales locales pour promouvoir la gestion durables des terres, mais il y associe les acteurs de la coopération décentralisée (collectivités territoriales du Nord et opérateurs d’appui-conseil). Ceux-ci interviennent alors en complément du CILSS, dans le domaine du conseil technique et de l’appui à la maîtrise d’ouvrage locale.

Le programme PRGDT dans son ensemble va globalement couvrir les 17 pays des zones du CILSS et de la CEDEAO mais la contribution du FFEM n’interviendra que dans 9 d’entre eux où, justement, la coopération décentralisée est déjà suffisamment développée. Ce sont :

 6 pays sahéliens : le Burkina Faso , le Cap Vert, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Sénégal ;

 3 pays côtiers : le Bénin, la Guinée et le Togo

J’ajoute enfin, en conclusion, que la Coopération Française, à travers ses différents outils, a été et reste un partenaire historique du CILSS et ne pouvait donc renoncer à l’accompagner dans cette nouvelle démarche qui semble porteuse d’avenir.

Je souhaite donc que cette intervention combinée de plusieurs partenaires du CILSS permettent d’enclencher dans les differents pays qui en seront bénéficiaires, des démarches pérennes de lutte contre la dégradation des terres.

Je vous remercie de votre attention.

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Dernière modification : 01/02/2011

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