Signature de la convention de prêt de l’AFD à la Sonabel - Discours de l’ambassadeur de France

Le 23 novembre 2010 a eu lieu la signature d’une convention de prêt de l’AFD à la Sonabel d’un montant de 32 millions d’euros. L’objectif de ce prêt est notamment de permettre le raccordement électrique des centres secondaires du Burkina Faso, représentant 430 Km de lignes vers Ouahigouya, Kongoussi-Djibo et Dori.

Monsieur le Ministre des Mines, des Carrières et de l’Energie ;
Monsieur le Président du conseil d’administration ;
Monsieur le Directeur général de l’Energie ;
Monsieur le Directeur Général de la Coopération (à vérifier) ;
Monsieur le Directeur général de la Sonabel ;
(Mesdames et) Messieurs les Directeurs et cadres de la Sonabel ;
Mesdames et Messieurs ;

Permettez-moi en premier lieu de souligner l’importance que j’attache à la cérémonie de ce jour.

Le projet de raccordement électrique des centres secondaires qui nous réunit, s’inscrit dans les priorités stratégiques du Burkina en matière d’accès à l’Energie pour tous. C’est aussi une des priorités de l’aide française au Burkina Faso dans la mesure où les infrastructures (et particulièrement les infrastructures structurantes comme celles de l’énergie) constituent l’un des trois secteurs de concentration du Document Cadre de Partenariat (DCP) signé entre la France et le Burkina en 2006.

A ce titre, l’Agence Française de Développement est aujourd’hui un acteur significatif sur ce secteur, fruit de plusieurs décennies d’un partenariat que je sais de grande qualité :

- d’une part, avec la SONABEL pour la réalisation et la gestion de ses programmes d’investissements ;
- et, d’autre part, avec votre département, Monsieur le Ministre (particulièrement la DGE) pour l’appuyer, à sa demande, dans son rôle d’organisation et de régulation du secteur.

L’AFD a ainsi accompagné, au tout début des années 2000, en cofinancement avec plusieurs partenaires, la réalisation de l’interconnexion avec le réseau ivoirien vers Bobo-Dioulasso.

Dans la continuité de ce premier investissement, depuis le début de cette année, la ligne de raccordement entre Bobo Dioulasso et Ouagadougou, également cofinancée par l’AFD, permet au plus grand centre national de consommation d’être relié au réseau ivoirien. Cette ligne d’importance majeure au profit de l’économie et des populations apporte une capacité supplémentaire d’environ 120 MW, et un gain financier lié à la non-utilisation de l’énergie thermique d’environ 20 Mds FCFA par an.

Enfin, au-delà, mais avec le souci des intérêts du Burkina Faso, la France apporte également son concours au niveau régional en soutenant les programmes du WAPP ainsi que l’Autorité Régionale de Régulation du secteur.

Ces quelques éléments soulignent et renforcent, si besoin était, la vision partagée de l’importance de ce secteur pour le développement et la croissance économique du Burkina, ainsi que la nécessité de plans ambitieux pour améliorer la couverture électrique des populations, déployés par la SONABEL et le Fonds de développement de l’Electricité.

Je voudrais, avant d’évoquer plus précisément le projet des centres secondaires, réitérer l’intérêt de la France, dans la mesure de ses capacités, pour l’accompagnement de la déclinaison opérationnelle de votre stratégie énergétique qui, je le crois, s’articule autour de trois volets :

-  le développement des interconnexions électriques avec les pays limitrophes. A ce titre nos équipes opérationnelles travaillent déjà de concert sur la future interconnexion Ouagadougou-Boltanga ,

-  le raccordement des centres secondaires et isolés permettant un accès plus aisé à l’énergie électrique mais également plus en phase avec des exigences environnementales et financières. Le présent projet s’inscrit dans ce cadre

-  le développement d’énergies alternatives, notamment le solaire photovoltaïque, où, là aussi, des échanges sont en cours sur la mise en œuvre de partenariats publics privés et sur les mécanismes de financement ; je sais que l’AFD est associé à ces réflexions et que ce projet comporte une composante « pilote » concernant l’énergie solaire photovoltaïque.

Permettez-moi maintenant d’évoquer ce projet de raccordement électrique des centres secondaires qui s’inscrit parfaitement dans ces orientations.

Ce projet d’un montant de 32 millions d’euros est un prêt concessionnel octroyé par le conseil d’administration de l’Agence Française de Développement à la SONABEL. Ce concours témoigne outre de son intérêt technique, également de la qualité reconnue de la gestion de l’entreprise. La SONABEL sous l’impulsion de son directeur général monsieur Salif KABORE est en effet souvent cité comme référence dans son secteur.

De manière opérationnelle, ce projet mettra en œuvre quatre composantes :

1. Le raccordement des centres secondaires au réseau principal dans la suite de l’extension de celui-ci, entre Bobo Dioulasso et Ouagadougou, incluant le raccordement de localités non électrifiées. L’ensemble représente près de 430 KM de lignes vers Ouahigouya, Kongoussi-Djibo et Dori.

2. Des mesures sociales de compensations des personnes impactées par le projet. Ce point est majeur tant le développement se doit d’être durable, partagé et au bénéfice de tous, sans exclusive ni impacts sociaux négatifs.

3. L’appui à la politique de subventionnement des branchements pour démultiplier les effets et bénéfices du raccordement auprès des populations : bénéfices non seulement (et directement) économiques mais aussi par la limitation des impacts environnementaux négatifs comme l’utilisation du bois de chauffe.

4. Le renforcement des capacités dans le domaine du photovoltaïque par la création de deux projets pilotes pour permettre la création d’un référentiel sur ce domaine.

Ce projet de raccordement électrique des centres secondaires est donc un projet important en volume et par ses objectifs. Il est en complète harmonie avec la politique énergétique du Burkina Faso et la politique française d’appui à ce secteur ; il intègre enfin les préoccupations environnementales et sociales qui sont un des engagements forts de l’AFD. Nul doute que ce projet permettra, dans les centres secondaires et les localités raccordés, une accélération du développement économique, ainsi qu’une amélioration de la satisfaction des besoins des populations.

Il permettra aussi à la SONABEL une optimisation financière substantielle, confortant son modèle économique pour la mise en œuvre de son plan d’investissement.

Je confirme enfin, la volonté de la France de poursuivre son appui à la mise en œuvre de cet ambitieux programme d’investissement, dans l’esprit de partenariat qui prévaut et qui, je n’en doute pas, se renforcera encore.

Alors que, comme vous le savez, je viens de rejoindre votre beau pays, c’est la deuxième fois en quelques jours que je signe une convention de cette importance avec l’Etat et les partenaires burkinabè. J’en suis particulièrement heureux et cela concrétise, s’il en était besoin, la qualité et la densité de notre relation bilatérale.

Vive la coopération franco-burkinabé !

Je vous remercie de votre attention.

Dernière modification : 01/02/2011

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